A. UNE ARME LOURDE

La haute technologie présente dans les stimulateurs Compex® permet de provoquer des contractions musculaires extrêmement puissantes comme le confirme Gilles Cometti dans son livre  "Les méthodes modernes de musculation" [1] : la force de contraction mesurée pendant une séance de stimulation musculaire chez plus de 200 étudiants de l’université de Dijon atteint en moyenne plus de 90% de leur force maximale et ceci sans aucune participation volontaire.

Un stimulateur Compex® doit donc être considéré comme une arme lourde pour le complément de l’entraînement et n’a pas grand-chose à voir avec les gadgets que l’on trouve généralement  vers le rayon "bigoudis" de certaines enseignes…

B. AUGMENTER LE STRESS DU MUSCLE !

Cette première nécessité de disposer d’un outil capable de faire travailler la totalité des fibres musculaires n’est cependant pas suffisante puisqu’il faut aussi que le régime de travail soit adapté à l’objectif ambitieux qu’est celui de l’augmentation du volume musculaire.

Ceci est possible grâce à la programmation des séances Hypertrophie du Compex® qui imposent des contractions proches du maximal, ce que fait bien sûr aussi n’importe quel bodybuilder qui se respecte dans sa préparation. 

Néanmoins la stimulation présente ici un avantage tout à fait particulier qui est celui de court-circuiter la commande centrale par le cerveau. Ceci permet de pousser plus loin le stress périphérique sur le muscle en ne recourant plus par exemple  aux séries comme cela est la règle pour l’entraînement volontaire (La récup’ entre les séries est en effet nécessaire pour le cerveau qui s’épuise bien avant le muscle), et en imposant un nombre de répétitions difficilement réalisable au cours d’un entraînement volontaire.

C. DELAIS : PAS DE MIRACLE

Une étude contrôlée (avec groupe témoin) intéressante de J. Gondin[2] a démontré qu’après 4 semaines d’entraînement de la Force par électrostimulation, la Force maximale augmentait de 17% mais sans aucune hypertrophie visible (échographie), le gain n’étant alors imputable qu’à une amélioration de la commande du muscle. Toutefois à la fin de la huitième semaine, la force avait continué à progresser (+27%) et le gain de volume était alors visible à l’échographie et significatif.  Comme avec l’entraînement volontaire, la prise de masse musculaire nécessite donc plusieurs semaines ce qui est normal puisque cela est le résultat d’une adaptation musculaire et de la croissance de ses fibres.

D. LE "NEC" PLUS ULTRA POUR LE BODYBUILDER 

Si l’électrostimulation doit être utilisée en complément des séances volontaires pour augmenter le volume global de travail, deux modes d’utilisation particuliers présentent un grand intérêt pour le Bodybuilder :  La pré-fatigue et la post-fatigue.

Pour la pré-fatigue, une séance de Compex® est réalisée par exemple à la maison juste avant de partir pour la salle. La séance volontaire débutera donc sur un muscle déjà fatigué par la stimulation mais avec un cerveau "frais", de quoi pousser le métabolisme musculaire dans ses derniers retranchements !

Pour la post-fatigue, c’est l’inverse, le muscle subit une grosse séance en salle et aussitôt de retour à la maison, on place les électrodes et on continue la sollicitation musculaire de haute intensité même avec un cerveau dans les chaussettes.

E. CONCLUSION

Comme pour la plupart des autres sports, l’électrostimulation (à condition qu’elle soit de qualité)  est une technique complémentaire de la préparation physique du Bodybuilder qui trouve dans cette technique un moyen facile à mettre en place pour augmenter de façon considérable à la fois le volume globlal de son entraînement, mais aussi pour imposer à sa musculature un stress différent de ce qui résulte de son travail en salle, assurément de quoi franchir un nouveau pallier dans sa progression !

Gilles Cometti :  Les méthodes modernes de musculation, Tome 2 – Université de Bourgogne- Centre d’Expertise de la Performance - 21000 DIJON
Gondin J, Guette M, Ballay Y, Martin A (2005)
Electromyostimulation training effects on neural drive and muscle architecture
Med Sci Sports Exerc 37 (8), 1291-1299