Prévention

  1. Quelle électrostimulation neuromusculaire pour le sportif blessé ?

    A. INTRODUCTION
    De plus en plus nombreux sont les sportifs à avoir intégré l’électrostimulation neuromusculaire dans leur préparation physique ou pour faciliter leur récupération après les entraînements intensifs ou les compétitions.
    En cas de blessures, les plus téméraires appliquent, sans aucune précaution et malgré les avertissements du fabriquant, des séances de stimulation souvent inappropriées, voir aux effets délétères pour la cicatrisation de leur lésion. D’autres, plus prudents, préfèrent demander conseil à leur kinésithérapeute, quant au choix d’un programme à utiliser et les règles d’utilisation particulières qui s’y rapportent.
    Ce dernier peut parfois être désemparé, car il n’a pas toujours une bonne connaissance des différences qui existent entre les programmes de stimulation qu’il utilise au cabinet, pour restaurer les qualités musculaires de ses patients et ceux appliquer par des sportifs sains et entraînés pour développer des qualités musculaires spécifiques.

     

    B. PLASTICITE MUSCULAIRE
    La célèbre expérience de l’innervation croisée (réalisée chez l’animal) illustre parfaitement les remarquables facultés d’adaptation du tissu musculaire. Ainsi lorsqu’un muscle lent est réinnervé par des fibres nerveuses innervant à l’origine un muscle rapide, sa vitesse de contraction augmente, alors qu’à l’inverse si on réinnerve un muscle rapide avec des fibres nerveuses innervant à l’origine un muscle lent, le muscle réinnervé devient plus lent.
    L’activation neurologique et par conséquent l’activité ou l’inactivité à laquelle est soumise la musculature va donc entraîner de profondes modifications : typologique (pourcentage de fibres de type I et II), mécaniques (force et vitesse de contraction), biologiques et métaboliques (resynthèse de l’ATP)…
    Si les adaptations musculaires bénéfiques qui résultent de l’exercice ou de l’entraînement apparaissent de façon lentement progressive, les adaptations défavorables consécutives au désentraînement ou pire à l’inactivité, se manifestent hélas, beaucoup plus rapidement. C’est l’une des raisons qui expliquent les reprises pénibles de l’entraînement après une coupure même de relativement courte durée.
    En cas de traumatismes ou de conditions pathologiques touchant le muscle lui-même, où les structures de l’appareil locomoteur avec lesquelles le muscle interagit,  la perte des qualités musculaires peut être extrêmement rapide. Ainsi la douleur, l’inflammation, la raideur sont souvent responsables d’une désorganisation ou d’une inhibition de la commande neurologique pouvant aller jusqu’à une sidération musculaire totale.
    Il faut donc toujours considérer que les muscles du sportif blessé ne disposent plus de leur potentiel initial et qu’ils ne doivent donc être sollicités qu’au moyen d’exercices appropriés à leur nouvelle condition.

    C. ELECTROSTIMULATION A VISEE REEDUCATIVE
    Deux programmes de base adaptés aux propriétés physiologiques des fibres musculaires de type I (lentes) et aux fibres de type IIb (rapides) sont couramment utilisés par les rééducateurs :

    • Programme de type "Fonte musculaire"

    L’atteinte très préférentielle des fibres lentes au décours d’une immobilisation ou d’une réduction d’utilisation est aujourd’hui bien documentée dans la littérature scientifique. La raison de ce phénomène est la très large prédominance de l’utilisation de nos fibres de type I que nous utilisons en moyenne 16 heures par jour, contre celle que nous faisons de nos fibres rapides (quelques minutes par jour chez le sédentaire, bien davantage chez certains sportifs). 
    Le programme "Fonte musculaire" est responsable d’une sollicitation maximale des fibres de type I avec l’utilisation de la fréquence de tétanisation maximale de ces fibres (30 – 35 Hz) conjuguée à des durées de contraction de longues durées (environ 6 secondes) entrecoupées par des périodes de repos de même durée.
    Une autre caractéristique de ce type d’exercice électro-induit est la phénoménale quantité de travail imposé au muscle stimulé, avec environ 75 cycles contraction-repos.
    Le but et les effets de ce programme sont la restauration de la trophicité et du volume musculaire.

    • Programme de type "Renforcement"

    Ce programme a pour objectif de restaurer la force musculaire à son niveau pré-lésionnel et/ou au côté controlatéral.
    Le principe est d’imposer des contractions tétaniques maximales (60 – 70 Hz) aux fibres rapides en respectant des durées de contractions plus courtes et des repos plus longs que pour le programme de traitement de l’amyotrophie.
    Ce programme s’utilise soit en première intention en l’absence d’amyotrophie et lorsqu’un déficit de force est préjudiciable (par exemple pour la stimulation précoce des fibulaires après une entorse de cheville), soit une fois la récupération du volume musculaire acquise au moyen du programme "Fonte musculaire". 
    Un cas particulier est l’amyotrophie du sportif de haut-niveau pour laquelle la responsabilité conjointe des fibres de type I et de type IIb peut être retenue, compte tenu de la typologie musculaire exceptionnelle de ces individus. Pour eux, il sera donc conseillé d’appliquer une séance de «Fonte musculaire» ET une séance de «Renforcement» de façon quotidienne.

    D. ELECTROSTIMULATION COMPLEMENTAIRE A LA PREPARATION PHYSIQUE 

    PROGRAMMES RECUPERATION
    Sans doute le plus utilisé et le plus apprécié par les sportifs, les programmes de récupération (récupération après entraînement ou récupération après compétition) l’ensemble des basses fréquences, de façon décroissante, dans une succession de séquences durant chacune 2 à 3 minutes. Les bénéfices sont un effet drainant par une augmentation du débit sanguin (9Hz – 7Hz), un effet antalgique par augmentation de la production des endorphines (6Hz – 4 Hz) et un effet décontracturant pour les fréquences les plus basses (3Hz – 1Hz). L’ensemble de ces effets permet de favoriser la récupération musculaire après un effort et ne présente que peu d’intérêt pour la rééducation où il est le plus souvent préférable de privilégier l’un de ces 3 effets.

    LE COMPLÉMENT DE LA PRÉPARATION PHYSIQUE MUSCULAIRE
    De façon complémentaire aux entraînements volontaires, le sportif peut utiliser l’électrostimulation pour améliorer ses qualités musculaires de manière spécifique à sa discipline. Dans ce but, il dispose de 4 types de programmes qui répondent aux caractéristiques physiologiques des 4 qualités de base de la condition physique : endurance, résistance, force, et force explosive.

    • Programmes "Endurance"

    La faculté à soutenir des efforts de longues durées dépend de 2 éléments :
    L’efficacité du transport de l’oxygène qui résulte de la performance du système cardio-vasculaire pour lequel l’électrostimulation n’a pas d’effet.
    La capacité du muscle à resynthétiser l’ATP avec l’oxygène 
    C’est sur ce deuxième point que l’électrostimulation permet d’agir en améliorant les principaux facteurs dont dépend la capacité oxydative musculaire (pourcentage de fibres de type I, réseau capillaires, nombre et taille des mitochondries, activité des enzymes oxydatives). Le régime de travail électro-induit est constitué par de très longues contractions restant très en dessous de la tétanisation maximale (10-18 Hz), et des repos très brefs, avec bien entendu un très grand nombre de répétitions (>200).

    • Programmes "Résistance"

    Ces programmes permettent d’améliorer la faculté à soutenir un effort sous-maximal pendant une durée de quelques dizaines de secondes à quelques minutes, ou à répéter des contractions musculaires réalisées avec un pourcentage élevé de la force maximale (certain parle d’endurance de la force). Ils améliorent la tolérance lactique du muscle.
    Ces programmes imposent des contractions de puissance élevée (50Hz – 70 Hz) prolongées sur de longues durée et séparées par des repos partiel de courte durée. Il s’agit d’un régime de travail destiné à induire volontairement de la fatigue pour développer une meilleure résistance musculaire à la fatigue et à l’acide lactique.

    • Programmes "Force"

    Le développement de la force maximale nécessite chez le sportif entraîné, des fréquences élevées (jusqu’à 100 Hz). Malgré la courte durée des contractions, des fréquences aussi élevées peuvent être responsables d’une fatigue musculaire qui détériore très rapidement la qualité des contractions et donc nuit à l’efficacité de l’entraînement. Ceci est évité par des temps de repos très longs  (environ 30 sec) et un nombre de cycles qui ne doit pas dépasser 40.

    • Programmes "Force Explosive"

    L’explosivité (ou vitesse de contraction) est définie par le délai qui est nécessaire à un muscle pour développer sa force maximale. Cette qualité qui est tout à fait déterminante pour une majorité de disciplines sportives (vitesse de course, détente, lancers et shoots…) peut se développer au moyen d’une électrostimulation qui utilise des fréquences supra-tétanisantes (104 Hz – 120 Hz). Encore davantage que pour les programmes «Force», la fatigue est limitée par l’utilisation de durée de contraction encore plus courtes (3 sec) et des repos plus longs, avec un nombre de cycles qui ne dépasse pas 30.

    E. QUELS CONSEILS POUR LE SPORTIF ?

    • Jamais de substitution

    D’une façon générale, les programmes utilisés pour le complément de la préparation physique ne doivent pas se substituer aux programmes de stimulation à visée rééducative.
    En effet, les paramètres de ces programmes entraîneraient une sur-sollicitation pour des muscles convalescents, et seraient responsables d’une fatigue précoce dont le résultat serait une perte d’efficacité.
    Il faut donc expliquer au patient qu’il pourra reprendre ses séances de stimulation complémentaires de l’entraînement qu’une fois le retour sur le terrain autorisé.

    • Interdiction en cas de fragilité lésionnelle

    Pour certaines pathologies touchant à l’intégrité du complexe musculo-tendineux (déchirure musculaire, rupture tendineuse, prélèvement de plastie du tendon…), il est raisonnable de conseiller une abstention totale de tout programme de stimulation neuromusculaire effectués seul par le patient pendant toute la durée de la cicatrisation.
    Ceci n’empêchera bien sûr pas, le thérapeute d’appliquer un programme spécifique pendant cette même période, dans la mesure ou ceci présenterait un intérêt.

    • Autorisation non restrictive «à distance»

    Le sportif blessé a souvent du temps disponible et souffre de ne pas pouvoir accélérer davantage le processus de cicatrisation de sa lésion. C’est donc le moment idéal pour lui, de mettre en place un travail spécifique «à distance» pour par exemple développer le haut du corps lors de sa rééducation pour une ligamentoplastie du LCA. Le kinésithérapeute pourra alors lui conseiller les muscles qu’il peut stimuler au moyen du programme de préparation physique adapté à sa discipline sportive et même lui proposer une planification de ses séances de stimulation.

    • Utilisation complémentaire de la rééducation doit être discutée

    Certains sportifs sont détenteurs de modèles de stimulateurs COMPEX qui disposent, en plus des programmes de préparation physique,  des programmes de base adaptés à la rééducation : fonte musculaire et renforcement (Compex SP4.0, SP6.0, SP8.0 et Wireless). Dans ce cas et si leur rééducation n’exige pas de précaution particulière d’utilisation, le kinésithérapeute pourra conseiller à son patient d’appliquer une deuxième séance dans la journée, ou bien une voir deux séances les jours où le patient n’a pas de rééducation, et ceci au moyen du même programme de stimulation que celui utilisé au cabinet.

     

    F. CONCLUSION
    Durant toute la durée de son rétablissement, le kinésithérapeute est l’interlocuteur privilégié du sportif blessé. De plus en plus nombreux sont les sportifs à utiliser ou à «avoir entendu parlé» de l’électrostimulation comme technique complémentaire de la préparation physique ou de la rééducation, sans bien comprendre les différences significatives qui existent entre ces deux types d’indications. Ce n’est qu’avec un minimum de compréhension de la technique que le kinésithérapeute pourra répondre aux questions ou à conseiller de façon judicieuse, l’athlète sur ce qu’il peut ou ne doit pas faire avec son stimulateur personnel, voir dans certains cas à lui recommander un modèle particulier pour pouvoir compléter en toute sécurité le travail réalisé lors de ses soins.

     

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  2. Prévention des crampes des muscles du mollet

    La survenue de crampes musculaires lors d’efforts prolongés est assez fréquente chez le coureur de longues distances et touchent le plus fréquemment les muscles du mollet ou des cuisses. Bien que bénignes, ces contractions soudaines, intenses et involontaires sont douloureuses et compromettent le plus souvent d’atteindre le niveau de performance espéré. La chaleur et la déshydratation sont des facteurs qui favorisent grandement le risque d’apparition de crampes qui surviennent en général en fin d’épreuves ou dans les heures qui suivent. Certains coureurs sont plus disposés que d’autres à présenter des crampes et peuvent utilement mettre en place une mesure préventive visant à développer le réseau des fins vaisseaux sanguins qui irriguent les muscles les plus exposés. Le programme Prévention crampes permet d’atteindre cet objectif qui favorise les nombreux échanges biochimiques induits par les efforts prolongés et réduit ainsi le risque de survenue de crampes musculaires. L’exemple ci-dessous concerne la prévention des crampes des muscles du mollet, mais peut être facilement appliqué pour les muscles antérieurs (quadriceps) ou postérieurs (ischio-jambiers) des cuisses en modifiant simplement le choix de la zone de traitement et en adoptant les placements des électrodes appropriés.

    Programme : Prévention crampes (ou Capillarisation selon le modèle Compex)

    Durée du cycle et fréquence des séances : 5 séances par semaine pendant 5 semaines

    Placement des électrodes

    Position du corps : Assis ou allongé dans une position confortable
     

    Réglage de l’intensité :

    Effet recherché : Obtenir des secousses musculaires bien prononcées tout en restant confortables.

    Il faut monter l’intensité jusqu’à obtenir une réponse musculaire qui ressemble à un battement ou une grosse vibration, que l’on appelle aussi des secousses musculaires. Cette activité musculaire, très différente d’une véritable contraction, se comporte comme une pompe qui est déterminante pour provoquer la forte augmentation du débit sanguin dans le muscle stimulé. Lorsque l’on monte l’intensité, le battement musculaire est d’abord discret, puis devient de plus en plus prononcé avant d’atteindre un plafond où la réponse musculaire est maximale. 
    Il est cependant possible de monter l’intensité plus haut, mais cela n’apporte pas de bénéfices supplémentaires.

    Pour les appareils munis de la technologie mi-RANGE, la zone d’intensité qui induit la stimulation optimale est indiquée sur l’écran: 
       - Sur le SP 4.0, il y a un petit crochet qui indique la zone optimale, il faut donc maintenir l’intensité à l’intérieur du crochet et si possible au niveau maximum de celui-ci.

    - Sur le Fit 5.0 et SP 6.0, il faut augmenter l’intensité jusqu’à ce qu’il soit inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé». Si la stimulation est confortable, vous pouvez cependant monter l’intensité à un niveau un peu plus élevé pour que les battements soient davantage prononcés.
    - Sur le SP 8.0, la fonction mi-AUTORANGE va régler automatiquement l’intensité. Dès que l’intensité aura été trouvée, il sera inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé». Si la stimulation est confortable, vous pouvez cependant monter l’intensité à un niveau un peu plus élevé pour que les battements soient davantage prononcés.

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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  3. Prévenir les récidives d'entorse de la cheville

    A. QU'EST-CE QU'UNE ENTORSE DE LA CHEVILLE ?

    Une entorse est une lésion d’un ligament, structure élastique qui participe à la stabilité d’une articulation.

    On distingue 3 stades de gravité dans la classification actuelle :

    Stade 1 : pas de déchirure

    Stade 2 : déchirure partielle

    Stade 3 : déchirure totale

    Au niveau de la cheville, c’est le ligament latéral externe est le plus souvent atteint lors du classique mouvement d’inversion forcée (plante du pied vers l’intérieur).

     

    B. POURQUOI LES RECIDIVES D'ENTORSE SONT-ELLES FREQUENTES ?

    Le traitement initial d’une entorse (qui ne sera pas développé ici) poursuit 2 objectifs majeurs :

    Permettre la cicatrisation du ligament en évitant tout étirement sur le ligament
    Restaurer de bonnes qualités proprioceptives, c’est-à-dire la faculté qui consiste à assurer une bonne stabilité de la cheville malgré tout déséquilibre que peut subir l’articulation.
     
    Ce sont des petits muscles situés à l’extérieur de la jambe : muscles péroniers (appelés aussi muscles fibulaires) qui assurent la protection de la cheville lorsque cette dernière subit un mouvement de torsion en inversion. Les muscles péroniers doivent alors se contracter extrêmement rapidement en développant un niveau de force élevé, pour permettre le rappel de l’articulation en position neutre, et ceci malgré le poids du corps supporté par l’articulation.

    Cette qualité de force/vitesse des muscles péroniers est malheureusement parfois négligée ou insuffisamment développée, ce qui compromet grandement la stabilité de la cheville et expose aux récidives.

    La plupart des sports d’équipes notamment ceux avec mouvements de pivots et contacts ainsi que la course à pied sont des activités qui exposent aux risques d’entorse. Il est donc judicieux, au moins pour les sportifs à risque, c’est-à-dire ceux qui ont déjà souffert d’une entorse de la cheville, d’intégrer dans leur préparation un travail spécifique des muscles péroniers qui sont la véritable ceinture de sécurité de la cheville.

     

    C. PREVENTION PAR L'ELECTROSTIMULATION

    ProgrammeL’amélioration des propriétés musculaires des péroniers nécessitent un travail spécifique qui est imposé par le programme « Prévention entorse de cheville » (Compex Runner et Compex SP8.0) ou « Force Explosive » (autres modèles de la gamme Sport)

    Déroulement du cycle : A titre de prévention, une séance par semaine suffit pour maintenir de bonnes qualités proprioceptives.
    On évitera de réaliser cette séance dans les heures qui précédent un entraînement de course à pied, surtout si celui-ci doit se faire en terrain instable.         

    Placement des électrodes : Un seul canal est nécessaire, on utilisera une petite et une grande électrode.
    Une petite électrode reliée à la connexion rouge sera placée juste sous la boule osseuse que l’on peut palper à l’extérieur de la jambe, légèrement en dessous du genou (tête du péroné)
    La grande électrode sera reliée à la connexion noire et collée transversalement à mi-hauteur de la jambe. 

    Position du corps en 2 temps ! Et exercices associés : 

    Il  faut d’abord s’installer en position assise avec le pied qui ne repose pas au sol. 
    A la fin de l’échauffement, on devra s’assurer que la stimulation provoque bien le mouvement d’éversion de la cheville, c’est-à-dire celui, où la plante du pied tourne vers l’extérieur. Si ce n’est pas le cas, soit l’intensité est insuffisante soit le positionnement des électrodes n’est pas bon.
    Le mouvement d’éversion est impératif pour un traitement de qualité.

     

    Dès que le mouvement d’éversion est obtenu (ce qui ne doit pas nécessiter plus de 2 ou 3 contractions), on se place alors en position debout, pieds légèrement écarté et en regardant devant soi.

     

    Les séances de Compex seront réalisées en associant des exercices volontaires de proprioception de difficultés croissantes :

    D’abord en étant en appui sur les 2 pieds

    • Yeux ouverts
    • Yeux fermés
    • Sur terrain ferme
    • Sur terrain souple

     

    Puis en se plaçant sur un seul pied (côté stimulé)

    • Yeux ouverts, puis fermés
    • Sur terrain ferme, puis sur terrain souple

     

    Réglage de l’intensité :

    Effet recherché : Provoquer de puissantes contractions impliquant le plus grand nombre de fibres musculaires possibles.

    Il est important de monter régulièrement l’intensité jusqu’au maximum supportable !
    Ceci est déterminant, car l’intensité détermine directement le pourcentage de fibres musculaires que vous sollicitez. Comme seules celles qui travaillent progressent, il faut toujours essayer d’en faire travailler le plus possible = monter l’intensité le plus haut possible.
    Parce que tout le monde s’habitue à la technique,  vous devez, en particulier,  toujours chercher à monter régulièrement les intensités tout au long de chaque séance (par exemple toutes les 4 à 5 contractions), ainsi que d’une séance à l’autre.
    Une bonne façon de procéder, est de se donner comme objectif de chaque séance de dépasser le niveau d’intensités atteint lors de la séance précédente !

    Augmentez seulement dans la phase de contraction.
    En phase de repos, les intensités se divisent par 2 et vous n’avez pas besoin d’augmenter. 
    (Pendant la phase d’échauffement et de récupération : augmentez jusqu’à obtenir des secousses musculaires bien prononcées qui restent confortables. Sur le SP 8.0, la fonction mi-AUTORANGE va régler automatiquement l’intensité. Dès que l’intensité aura été trouvée, il sera inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé»)
    - Sur les appareils filaires, affichage du déroulement de la séance sur l’écran :

    - Sur les appareils sans fils, affichage du déroulement de la séance sur l’écran :

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  4. Place du Compex dans la prévention et la prise en charge des blessures du triathlète

    Il est important de rappeler préalablement qu’une blessure est un évènement à ne jamais négliger, et qu’il est toujours souhaitable d’aller consulter un médecin ou un professionnel de santé afin d’établir un diagnostic précis et de mettre en place les mesures thérapeutiques appropriées.

    A. PREVENTION DE L'EPAULE DOULOUREUSE DU NAGEUR

    L’épaule est une articulation complexe dotée d’une très grande mobilité et dont la stabilité est assurée par une nappe tendineuse appelée coiffe constituée en avant par le muscle subscapulaire et la longue portion du biceps,
    en haut par le supra épineux et en arrière par l’infra épineux. Un important appareil ligamentaire antéro-inférieur complète l’ensemble.
    En natation, la répétition des mouvements de grande amplitude comme par exemple le crawl provoque parfois un déséquilibre musculaire induisant un décentrage de la tête humérale.
    Les nouvelles contraintes articulaires liées à cet état peuvent engendrer des frottements puis une inflammation localisée au niveau des bourses séreuses et /ou des tendons (bursites, tendinopathies).

     

    Pour éviter cela, surtout chez les triathlètes qui ont déjà souffert de douleurs de l’épaule, il est judicieux d’intégrer à son entraînement une séance par semaine de stimulation spécifique des muscles rotateurs externes de l’épaule.

    Programme : Musculation

    Durée du cycle et fréquence du traitement : 1/semaine tout au long de la saison 

    Placement des électrodes :

    Position du corps : Position debout ou assise, Dos droit, coude 90°.

    Réglage de l’intensité :

    Effet recherché : Provoquer de puissantes contractions impliquant le plus grand nombre de fibres musculaires possibles.

    Il est important de monter régulièrement l’intensité jusqu’au maximum supportable !
    Ceci est déterminant, car l’intensité détermine directement le pourcentage de fibres musculaires que vous sollicitez. Comme seules celles qui travaillent progressent, il faut toujours essayer d’en faire travailler le plus possible = monter l’intensité le plus haut possible.
    Parce que tout le monde s’habitue à la technique,  vous devez, en particulier,  toujours chercher à monter régulièrement les intensités tout au long de chaque séance (par exemple toutes les 4 à 5 contractions), ainsi que d’une séance à l’autre.
    Une bonne façon de procéder, est de se donner comme objectif de chaque séance de dépasser le niveau d’intensités atteint lors de la séance précédente !
    Vous devez donc très rapidement atteindre un niveau d’intensité/énergie d’au moins 100, puis chercher à vous rapprocher d’un niveau d’environ 250, il n’est pas rare de voir certains sportifs monter jusqu’au maximum (999).

    Augmentez seulement dans la phase de contraction.
    En phase de repos, les intensités se divisent par 2 et vous n’avez pas besoin d’augmenter. 
    (Pendant la phase d’échauffement et de récupération : augmentez jusqu’à obtenir des secousses musculaires bien prononcées qui restent confortables. Sur le SP 8.0, la fonction mi-AUTORANGE va régler automatiquement l’intensité. Dès que l’intensité aura été trouvée, il sera inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé»)
    - Sur les appareils filaires, affichage du déroulement de la séance sur l’écran :

    - Sur les appareils sans fils, affichage du déroulement de la séance sur l’écran :

     

    B. PREVENTION DES CERVICALGIES DU CYCLISTE

    Les cervicalgies ou douleurs de la nuque sont très fréquentes parmi la population générale, mais sont aussi particulièrement présentes chez les cyclistes sous la forme de contractures musculaires douloureuses qui apparaissent le plus souvent lors de courses ou de sorties de longues durées.
    La cause de ces douleurs est la position sur le vélo qui place la nuque en hyper extension,  d’autant plus qu’une position aérodynamique extrême est recherchée.

    Programme : Capillarisation 

    Durée du traitement : 

    Ces douleurs cervicales peuvent être efficacement prévenues en appliquant des séances quotidiennes de capillarisation  sur les muscles cervicaux pendant une dizaine de jours avant une compétition comme un ironman par exemple.

    Certains athlètes, sujets à ce type de douleurs, pourront avoir intérêt à intégrer une séance par semaine tout au long de la saison

    Placement des électrodes

    Position du corps :Placez-vous dans la position indifférente la plus confortable

    Réglage de l’intensité :

    Effet recherché : Obtenir des secousses musculaires bien prononcées tout en restant confortables.

    Pour les appareils non munis de la technologie mi-RANGE, il faut chercher à obtenir une réponse musculaire qui ressemble à un battement ou une grosse vibration, que l’on appelle aussi des secousses musculaires. Cette activité musculaire, très différente d’une véritable contraction, se comporte comme une pompe qui est déterminante pour provoquer la forte augmentation du débit sanguin dans le muscle stimulé. Lorsque l’on monte l’intensité, le battement musculaire est d’abord discret, puis devient de plus en plus prononcé avant d’atteindre un plafond où la réponse musculaire est maximale. 
    Il est cependant possible de monter l’intensité plus haut, mais cela n’apporte pas de bénéfices supplémentaires.

    Pour les appareils munis de la technologie mi-RANGE, la zone d’intensité qui induit la stimulation optimale est indiquée sur l’écran: 
       - Sur le SP 4.0, il y a un petit crochet qui indique la zone optimale, il faut donc maintenir l’intensité à l’intérieur du crochet et si possible au niveau maximum de celui-ci.

    - Sur le Fit 5.0 et SP 6.0, il faut augmenter l’intensité jusqu’à ce qu’il soit inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé». Si la stimulation est confortable, vous pouvez cependant monter l’intensité à un niveau un peu plus élevé pour que les battements soient davantage prononcés.
    - Sur le SP 8.0, la fonction mi-AUTORANGE va régler automatiquement l’intensité. Dès que l’intensité aura été trouvée, il sera inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé». Si la stimulation est confortable, vous pouvez cependant monter l’intensité à un niveau un peu plus élevé pour que les battements soient davantage prononcés.

     

    C. TRAITEMENT DE LA TENDINOPATHIE ACHILEENNE DU COUREUR A PIED

    La tendinopathie du tendon d’Achille est l’une des affections les plus fréquentes chez les coureurs de longue distance. 
    Dans un premier temps, en phase aigüe ou inflammatoire, la région douloureuse du tendon est chaude et rouge et est très douloureux. La mobilisation du pied provoque le plus souvent une sensation de grincement, le repos sportif est alors impératif (en tous cas l’arrêt de la course à pied). A ce stade, des séances répétées d’un programme antidouleur de de type tendinopathie associé au glaçage, au stretching, au travail excentrique du tendon, permet de soulager efficacement les douleurs.
    Le plus souvent, succède ensuite une seconde phase où les signes précédents ont disparu ou se sont considérablement atténués, c’est la phase chronique qui correspond à une phase de cicatrisation des microlésions des fibres tendineuses. 
    A ce stade, le programme Douleur musculaire appliqué sur les muscles du mollet (triceps sural) à raison de 2 séances par jour provoque une amélioration de la circulation sanguine et de l’irrigation du tendon qui est tout à fait favorable à la guérison.

    1ER PHASE DE LA TENDINOPATHIE : PHASE AIGUE

    Programme : Tendinite (ou Tens ou Tens modulé selon le modèle Compex)

    Durée du traitement : Pendant toute la durée de la phase aigüe et la persistance des signes inflammatoires.         

    Déroulement du traitement : Au minimum, 2 séances tous les jours. Selon les besoins, les séances peuvent être répétées plusieurs fois au cours d’une même journée, avec un minimum de 10 mn entre chaque séances. Le traitement par électrostimulation antalgique sera toujours accompagné par une kinésithérapie bien conduite.

    Placement des électrodes : Il faut chercher à recouvrir toute la surface de la région douloureuse avec autant d’électrodes que nécessaire

    Position du corps : Placez-vous dans la position indifférente la plus confortable

    Réglage de l’intensité :

    Effet recherché : Obtenir un fourmillement bien prononcé, mais non douloureux.

    Augmenter progressivement les intensités de stimulation jusqu’à percevoir une sensation bien prononcée de fourmillements. Montez les intensités de stimulation à un niveau plus élevé n’apporte pas d’efficacité supplémentaire et peut déclencher des contractions musculaires qui sont indésirables pour ce traitement.

    Pour les appareils munis de la technologie mi-TENS : 
    Dès qu’ une contraction est détectée, l’intensité de stimulation est automatiquement diminuée.

    Pour les stimulateurs non munis de la technologie mi-TENS :
    Si une contraction musculaire apparait, il convient de réduire manuellement légèrement le niveau de l’intensité.

     

    2EME PHASE DE LA TENDINOPATHIE : PHASE CHRONIQUE

    L’évolution habituelle d’une tendinopathie passe le plus souvent par une première phase aigüe, puis par une phase chronique pour laquelle les signes évidents d’inflammation (chaleur, rougeur) ont disparus. La douleur n’est plus présente et n’entrave plus les gestes de la vie quotidienne comme la descente des escaliers. Mais une gêne persistante ou un léger réveil de la douleur survient lors de la reprise même extrêmement progressive de l’entraînement. Il convient de noter que la reprise de l’activité sportive doit toujours se faire avec le feu vert d’une autorité médicale et de façon extrêmement progressive (footing lent et de courte durée sur terrain souple pour commencer). L’apparition d’une gêne ou le réveil de la douleur doit en principe toujours faire interrompre la séance d’entraînement. Pendant cette phase chronique, le tendon est en phase de convalescence, il peut exister des microlésions des fibres tendineuses qui sont alors en cours de cicatrisation. Le programme Douleur musculaire permet d’entraîner une forte augmentation de la circulation sanguine dans l’ensemble des muscles du mollet (triceps sural) et du tendon d’Achille ce qui est très bénéfique pour favoriser le processus de cicatrisation.

    Le programme Douleur musculaire ne doit jamais être entrepris trop tôt, c’est-à-dire pendant la phase aigüe car il existe alors un risque potentiel d’aggravation des signes inflammatoires.

    Programme : Douleur musculaire (ou Tendinite chronique ou Endorphinique selon le modèle Compex)

    Durée du traitement : Pendant toute la durée de la phase chronique jusqu’à disparition complète des signes douloureux         

    Déroulement du traitement : Au minimum, 1 séance tous les jours. Si possible 2 séances par jour espacées par un minimum  de 10 minutes de repos entre les 2 séances. 

    Placement des électrodes : 

    Position du corps :Assis ou allongé dans une position confortable

    Réglage de l’intensité :

    Effet recherché : Obtenir des secousses musculaires bien prononcées tout en restant confortables.

    Il faut monter l’intensité jusqu’à obtenir une réponse musculaire qui ressemble à un battement ou une grosse vibration, que l’on appelle aussi des secousses musculaires. Cette activité musculaire, très différente d’une véritable contraction, se comporte comme une pompe qui est déterminante pour provoquer la forte augmentation du débit sanguin dans le muscle stimulé. Lorsque l’on monte l’intensité, le battement musculaire est d’abord discret, puis devient de plus en plus prononcé avant d’atteindre un plafond où la réponse musculaire est maximale. 
    Il est cependant possible de monter l’intensité plus haut, mais cela n’apporte pas de bénéfices supplémentaires.

    Pour les appareils munis de la technologie mi-RANGE, la zone d’intensité qui induit la stimulation optimale est indiquée sur l’écran: 
     - Sur le SP 4.0, il y a un petit crochet qui indique la zone optimale, il faut donc maintenir l’intensité à l’intérieur du crochet et si possible au niveau maximum de celui-ci.

    - Sur le Fit 5.0 et SP 6.0, il faut augmenter l’intensité jusqu’à ce qu’il soit inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé». Si la stimulation est confortable, vous pouvez cependant monter l’intensité à un niveau un peu plus élevé pour que les battements soient davantage prononcés.
    - Sur le SP 8.0, la fonction mi-AUTORANGE va régler automatiquement l’intensité. Dès que l’intensité aura été trouvée, il sera inscrit «Niveau optimal d’intensité trouvé». Si la stimulation est confortable, vous pouvez cependant monter l’intensité à un niveau un peu plus élevé pour que les battements soient davantage prononcés.

     

    La douleur est un signe qu’il ne faut pas négliger. Si cette dernière est prononcée et/ou perdure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.

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